Editorial

Qu'avons-nous fait ?

Nous avons fêté Pâques… et après ? Comment la lumière de ce jour peut-elle nous atteindre ? C’est en Galilée, c’est à dire au cœur de leur quotidien, que Jésus a donné rendez-vous à ses amis. Pour y parvenir il est bon de se rappeler le chemin parcouru. Comme l’enfant dans le rituel de la Pâque juive : il demande aux aînés ce qu’ils ont fait.
 
Nous avons fêté l’entrée de Jésus dans nos vies avec l’enthousiasme des Rameaux. Nous avons relu la longue histoire du peuple de Dieu en badigeonnant de rouge les portes de nos maisons comme pour marquer que nous acceptons l’alliance avec Dieu. Nous avons mangé le corps et bu le sang de cette alliance nouvelle. Nous avons accepté que Jésus s’abaisse pour nous laver les pieds.
Nous sommes même allés jusqu’à la croix dans le déluge du Vendredi Saint pour y jeter ce qui pèse dans nos vies. Et dans la nuit de Pâques nous avons entendu ce personnage lumineux nous affirmer que Jésus vivant nous attend en Galilée, c’est à dire sur les rives de leur lac, pour nous, sur les Rives de l’Aire…
 
Jésus passe dans nos vies pour nous entraîner de cette force d’attraction qui l’unit au Père. « Ayant aimé les siens qui sont dans le monde, il les aima jusqu’au bout » !  - Jean 13, 1. Le passage de Pâques est impossible si cet amour ne nous transforme pas pour qu’à sa suite nous en devenions les serviteurs.
 
Le premier geste – qui est en même temps le geste ultime – est celui du service. Sans lui, la marche vers la liberté est une vue de l’esprit et notre adoration de la croix est un beau signe sans lendemain. Le lavement des pieds, ou toute autre attention aux besoins des autres, est la réalisation de Pâques tous les jours de l’année. C’est en veillant les uns sur les autres, en voulant le bien de notre prochain, que nous mettons en pratique l’amour qui va jusqu’au bout.
 
Pour cela nous avons une règle d’or : « ce que tu voudrais qu’on te fasse, fais-le toi-même pour les autres » ! Matthieu 7, 12. La lumière du matin de Pâques se multiplie au fur et à mesure que nous faisons pour les autres ce qui est bon pour eux. Et comme nous pouvons compter qu’ils fassent de même pour nous, le bien aura gagné !
 
                                                                                              Philippe Matthey