Editorial

Une attente féconde


Voici la réalisation de notre promesse d’un nouveau moyen d’information. On dit souvent d’une femme enceinte qu’elle est en espérance. Quel beau mot pour exprimer que l’attente d’une vie nouvelle mobilise toute l’énergie pour l’accueillir et lui donner de grandir. L’espérance repose toujours sur une promesse qui donne sens à une vie pour qu’elle porte du fruit, autrement dit pour qu’elle s’épanouisse au-delà d’elle-même. Les anciens disaient que l’espérance c’est ce fil qui nous relie à l’objectif auquel tend notre désir. A la fois fragile car il demande un équilibre et une attention de chaque instant, et solide car il donne un sens à la vie. L’espérance nous permet de nous approcher de ce à quoi ou à qui on aspire. Elle nous enracine dans la confiance et dans la foi pour nous faire désirer ce que nous croyons comme le dit si bien l’épitre aux Hébreux : « L’espérance que Dieu nous offrait et dont nous nous sommes saisis, cette espérance,  nous la possédons comme une ancre de l’âme, sûre et solide; elle pénètre au-delà du voile… » - Hébreux 6, 19.           
Nous entrons dans le temps nouveau qui nous conduit à Pâques et nous avons de bonnes raisons d’y croire car notre confiance est ancrée dans celui que nous attendons. Nous le connaissons par la foi et nous connaissons sa promesse de nous guider dans le quotidien de nos vies. Le fil de nos vies est tendu vers la lumière de la résurrection. Le temps du Carême puis de la Passion du Christ nous est donné pour que notre attente soit féconde. En prenant au sérieux les déserts et les nuits de nos existences, en venant les habiter de sa présence, Jésus nous guide par sa solidarité vers l’amour du Père plus grand que toutes les morts. Modestement sur les Rives de l’Aire, ce nouveau feuillet d’information veut tendre le fil de nos attentes pour que nos rencontres nous relient entre nous et avec celui en qui est ancrée notre confiance. Pour qu’au fil du temps du Carême et de la Semaine Sainte nous puissions nous réjouir de ce qui se vit dans nos communautés et, déjà, que la vie nouvelle de Pâques nous donne la joie d’être sauvés !  

                                                                                                                                                                                     Philippe Matthey