Edito


12ème Dimanche  année C – 23 juin  2019,  FETE-DIEU  Mt 9,11-17


Vivre la messe comme un sommet


Je me souviens du témoignage d’une personne handicapée qui disait son bonheur de la messe quotidienne : « C’est un sommet dans la journée pour moi ! »  Alors au moins le dimanche comme sommet de notre semaine dans la célébration de l’Eucharistie ?
 
Je me souviens d’un homme qui venait avec un sac à dos à la messe. On lui disait :  - Pourquoi viens-tu avec ce sac à dos ?
- C’est parce qu’aujourd’hui je fais une ascension.
 
Cette originalité humoristique est à déconseiller dans les faits ! Mais en prendre connaissance peut être instructif.
 
Car enfin de quelle ascension parlons-nous ? C’est de vivre la messe comme un rassemblement. Nous vivrions toute l’histoire de l’humanité, nous assemblerions dans notre cœur tous les visages connus ou inconnus qui ont laissé une trace, ou n’en n’ont pas laissée, et dans l’histoire des hommes cela fait lourd dans le « sac de montagne » ; tous ces visages disparus, inconnus … déballés devant la table du Seigneur : ils se remettraient à vivre autour de l’autel ! Qu’ils puissent achever leur pérégrination par notre intercession, par celle du Christ qui, finalement, seule prévaut.
 
Vous voyez toute la terre, que nous ne saurions porter car seul le Christ sur la croix a pu le faire ; cette terre de sang et de larmes, de violence et de contestation, elle serait alors illuminée par la réalité de la Présence divine en nous.

Vivre la messe, c’est vivre toute l’humanité, c’est vivre le cœur de Jésus, c’est constituer le corps du Christ…. Là il n’y a plus d’espace, il n’y a plus de temps. « Vivre la messe c’est devenir un silence immense » disait Maurice Zundel. Celui-ci pressentait avec force au fond de lui ce silence qui l’habitait par cette Eucharistie. Comme une musique silencieuse que nous découvrons et entendons au fond de nous-mêmes… Une musique qui amène au don total, condition pour rencontrer celui qui s’est donné sur la croix.
 
                                                                                          Yves Cornu