Edito



 





2ème Dimanche de l’Avent C –   9 décembre 2018                             Lc 3, 1-6






ACCUEILLIR LA PROMESSE





Je me rappelle avec joie de ma joie d’enfant lorsque tombait la neige en abondance au seuil des fêtes de Noël. C’était l’occasion de sortir la pelle et le « râble » pour ouvrir le chemin de la maison et ainsi dégager l’accès aux invités. Plus il y avait de neige, plus j’étais content : ce qui était obstacle potentiel à la fête devenait source de plaisir. D’abord parce que c’est si beau de peller la neige et ensuite parce que c’est si bien de voir venir ceux qu’on aime.

Je ne savais pas encore que c’est mon âme de Jean-Baptiste qui m’animait… Sa mission, comme celle de tous les prophètes, est de préparer le chemin pour celui qui vient et qui est attendu depuis longtemps. 

On sait, par l’histoire tourmentée du peuple de l’alliance, que cette route est jalonnée d’obstacles autrement plus importants que la neige : faim dans le désert, exil à Babylone, destruction du Temple, domination des grandes puissances… autant d’épreuves qui menacent la promesse. Il faut dégager pour que Dieu puisse habiter avec les siens.

Les prophètes encouragent l’espérance d’un peuple parfois désenchanté : ils osent annoncer la joie que rien ne peut défier. Oui, c’est une question de confiance : nous croyons que la joie de Dieu nous est donnée en abondance et que nous avons, avec son amour et sa justice, la capacité de lui ouvrir le chemin. Oui, la joie est communicative : elle est omniprésente dans la parole de Dieu de ce jour.

Rappelons-nous, pour nous stimuler, la parole de Jésus à ceux qui ont fait bon usage des talents reçus de leur maître : « entre dans la joie de ton Dieu ! » Oui, Dieu est heureux lorsque nous mettons en valeur les dons qu’il nous fait : par nous sa justice et son amour ouvrent un chemin prometteur dans un monde qui a faim de joie !
                                      
                                                                      


Philippe Matthey